A propos

TOUCHER LA TERRE, C’EST MAGIQUE

Argile, matière vive

 

Dans son mouvement, la main qui pétrit l’argile laisse émerger, depuis les tréfonds de notre être, des compréhensions et des créations nouvelles. À Auray (56), la céramiste d’art Sandrine Hurel révèle, à travers ses œuvres et ses ateliers, les extraordinaires potentiels de cet art de jouer, de créer et de croître qu’est l’argile. Puisant la matière vive de son inspiration dans les savoir-faire gallo-romains et contemporains, elle donne naissance à des céramiques sigillées porteuses de sens. Sa signature : la pratique du façonnage au colombin, qui résulte d’un dialogue constant entre la matière et le geste, qui devient alors libre et intuitif. En témoigne par exemple la collection « HYLÊ», expression de son amour pour les arbres et pour toute cette merveilleuse nature actuellement menacée. Désireuse de transmettre, l’artiste a mis au point des supports pédagogiques – jeux d’argile écologiques – à destination des jeunes enfants à qui elle propose des éveils sensoriels, puis des adultes, qu’elle forme. Associée à des outils d’art thérapie, l’argile s’avère enfin particulièrement précieuse pour Sandrine, qui aide les personnes à entrer en contact avec des parts d’elles-mêmes à mettre en lumière et libérer.

 

J’aimerais terminer par les paroles de Picasso qui me semblent caractériser tout processus créateur et qui résument les expériences des personnes qui s’investissent dans le travail dans le champ d’argile.

«Je ne cherche pas, je trouve. Chercher, cela veut dire s’orienter vers l’ancien connu et vouloir trouver dans le nouveau ce qu’on connaît. Trouver, c’est le tout nouveau, le nouveau aussi dans le mouvement. Tous les chemins sont ouverts et ce qu’on trouve est inconnu. C’est un risque, une aventure sacrée. L’incertitude de tels risques ne peut être subie que par ceux qui se sentent en toute sécurité dans l’insécurité, qui sont guidés sans-­‐guide, qui, dans l’ombre, s’abandonnent à une étoile invisible, qui se laissent attirer par le but et ne déterminent pas le but. Etre ouvert à toute connaissance nouvelle, à toute expérience nouvelle venant de l’intérieur ou de l’extérieur, cela est l’essentiel de l’homme moderne qui, malgré toute sa peur du lâcher-­‐prise, fait tout de même l’expérience d’être porté dans l’ouverture des possibilités nouvelles.»