Nouvelle collection céramique « extinction »

Nombre de contes trouvent leurs racines dans la forêt, peuplée d’innombrables créatures. Du “Petit Poucet” aux films de Miyazaki, voilà un terrain qui ignore la déforestation, celui du conte.

La forêt nous cultive, la nature nous inspire, les mythes sylvestres y sont d’autant plus vivaces qu’ils s’enracinent dans un très vieil héritage spirituel. Dieux, esprits et génies ont longtemps été chez eux dans les bois sacrés d’Asie, d’Europe ou d’Afrique, avant de laisser place à d’innombrables créatures fantastiques, féeriques ou terrifiantes. Plus grande et plus vieille que nous, la forêt relie aussi notre époque désenchantée à un passé idéalisé.

Dans tous les cas, la forêt dissout les repères. Elle fait grandir les enfants abandonnés, et dérouille le psychisme des égarés. Elle est la métaphore de notre désordre intérieur, de ces noirceurs enfouies qu’il faut affronter pour comprendre qui l’on est. « Depuis les temps les plus reculés, la forêt pratiquement impénétrable où nous nous perdons symbolise le monde obscur, caché, pratiquement impénétrable de notre inconscient », résume Bruno Bettelheim.

Pour rester en vie, méfiez-vous des loups séducteurs et des vieilles inconnues, refusez les pommes et les nuits gratuites dans les chaumières en pain d’épices, semez des cailloux plutôt que des miettes de pain et, surtout, ne vous écartez JAMAIS du chemin.

Si la forêt vivante continue d’attirer les animaux dénaturés que nous sommes, c’est sans doute parce qu’elle reste à nos yeux la source même de la vie, et un lieu de régénération physique et spirituelle. Elle n’a donc pas fini de nous faire rêver si tant bien nous réussissons à la préserver. »

Texte inspiré de Sophie Bourdais « il était un bois… »

La genèse du projet

J’ai accueilli Eva Deloffre, stagiaire de l’école Duperré, qui m’a sollicité pour apprendre la technique de façonnage au colombin et la sigillée que j’explore depuis 2011. J’ai souhaité co-créer avec elle une collection nouvelle en s’appuyant sur une base commune, un gabarit autour duquel, nous avons monté les colombins. Quand Eva m’a contacté, j’ai eu envie de réfléchir à une collection qui donne du sens à mon amour de la forêt et pour toute cette merveilleuse nature actuellement menacée et assez rapidement nous nous sommes mis d’accord sur ce projet de pot-conte ainsi qu’un panneau mural représentant des écorces.

Ce façonnage au colombin commun à l’ensemble des pots donne une unité à la collection, par ailleurs dynamisée par l’hétérogénéité des couvercles, exécutés avec davantage de liberté grâce à la technique du modelage. Ce contraste entre la rigueur et l’héritage technique dans lequel s’inscrivent les pots et la créativité émancipée des couvercles caractérise ainsi cette collection, à la fois respectueuse des traditions et contemporaine.

Il me semblait intéressant dans mon travail céramique de trouver les teintes qui correspondraient bien avec l’idée de bois brûlé pour accentuer le message. La terre sigillée présente l’avantage de créer des couleurs proches de la nature, du bois et des effets enfumés. Nous avons testé 11 argiles pour préparer nos tessons de sigillée sur terre du Fuillet.

extinction 1 : petit chaperon

extinction 2 : sorcière et le poison

extinction 3 : l’éveil de Bouddha

extinction 4 : Hansel et Gretel

extinction 5 : Alice dans la forêt du Miroir

extinction 6 : Herne le chasseur

extinction 7 : le Migou

extinction 8 : Merlin

extinction 9 : Mowgli

extinction 10 : Adam et Eve

extinction 11 : Dryade

extinction 12 : Bambi

extinction 13 : homme-arbre

extinction 14 : peau d’âne