Processus de Gestalt

Comment travailler dans le champ d’argile ? Cette méthode a été conçue dans les années 70 par Heinz Deuser, professeur à la faculté d’Art Thérapie à Nürtingen, une école de hautes études en Allemagne.

Le champ d’argile (das Tonfeld) est un cadre en bois d’à peu près 50 sur 45 cm et de 5 cm de haut remplie d’argile jusqu’au bord, et à la surface toute plane. Les personnes y travaillent les yeux fermés en se laissant entièrement guider par les mouvements spontanés de leurs mains. De cette façon‐là, le contrôle conscient marqué par toutes les implications socioculturelles et biographiques est exclu au maximum.

La personne qui pose ses mains sur la surface neutre du champ d’argile rentre en contact immédiat avec la réalité archétypale transmise par l’ haptonomie, le toucher. Par un effet de rétroaction, le toucher initie les mouvements des mains qui correspondent aux sensations du toucher. Ainsi s’établit spontanément un plan de Gestalt qui est à l’arrière-­plan d’un processus individuel de création et d’individuation. Souvent le travail a le but inconscient de transformer un ancien vécu biographique résultant d’une expérience de manque, de négation, de détresse ou d’abandon qui a empêché ou paralysé les mouvements libres de la personne, son élan vital.

La dynamique et la Gestalt des actes créateurs de ce travail sont déterminées par la dynamique et la nature du Soi (C.G.Jung), l’instance transcendante et noyau «divin»de l’être humain. Il en émane l’élan vital qui fait bouger les mains qui touchent l’argile. Le but de l’évolution gérée finalement par le Soi est la création d’une relation authentique, juste et équilibrée de la personne à l’autre personne et à son monde extérieur, et de la personne à elle-­même. Voilà le but d’un processus de Gestalt.

Article de Barbara Osterwald paru dans la revue «Art et Thérapie»n° 66/67 -­‐Juin 1999

Le goût de la vie

Le travail dans le champ d’argile comme ré‐ancrage dans l’expérience sensorielle. Un processus de Gestalt où la rencontre d’un ancien blocage biographique se fait par l’intermédiaire de la terre contenue dans la structure du champ d’argile. En traversant spontanément les étapes successives de la genèse de la Gestalt finale par le toucher et les mouvements qui en résultent, tout le potentiel transformatoire qui meut la personne sur le plan archétypal est évoqué et prend forme dans ses mains et l’émeut : «si je touche, je suis touché, si je meus, je suis ému et si je prends, je me prends en main».

mots clé : élan vital, individuation.

Barbara Osterwald formée dans la psychologie adlerienne et la thérapie initiatique; collaboratrice de Karlfried Graf Dürckheimthérapeute et formatrice: travail dans le champ d’argile (Arbeit am Tonteld) en Allemagne, Belgique France et Suisse.